Il n'a qu'un seul ami, et pour lui c'est amplement suffisant. Dans vingt ans, il sait que cette amitié sera toujours une vérité, que rien n'ébranlera la seule relation qu'il n'a jamais pu établir avec un semblable. Il pense pouvoir tout faire et tout dire. Comme si ce que d'autres feraient à travers une bande d'ami, d'ex, de petites amies, de femmes, d'amantes, lui pouvait le faire avec son seul ami. Il y a fondé tout ses espoirs. Un jour pourtant il s'en rendra compte. Un impossible, inévitable, se prépare. Il se détourne d'une vérité.
Ce jeune garcon n'est pas tourmenté, il écrit jour après jour un idéal de vie basé sur l'unique. Les peines ne seront pas des peines, puisqu'il aura décidé qu'elles seront joies, l'amitié restera au singulier et les rires aux pluriel. Pas de place au hasard dans son modèle de vie. Il croit tout savoir de lui, comme si il avait fait le tour de lui-même des centaines de fois.
Un soir, l'ami prend la parole – tu es amoureux de moi - le garcon un peu perdu ne semble pas comprendre, l'amour ne rentre pas dans ses schémas. Il avait tout prévu, mais ca, il ne le comprend pas. Ce sentiment lui échappe, il pense être bien trop au dessus de tout ca pour laisser des sentiments dicter sa conduite.
Il ne se sent pas bien, parce que quelque chose est là, mais hors de portée. Il essaiera en vain de s'en défaire, mais ce gouffre d'incompréhension et de familiarité persisteront. Vingt ans plus tard, il sera marié, deux enfants, son unique ami lui sera avec un homme, il ne le comprendra toujours pas.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire